- Pas le temps d'expliquer, cria Abel. Demande l'aide de tout les détraqueurs ! Une quarantaine de mangemorts courent droit vers nous ! »
Aussitôt dit, aussitôt fait. Remus se concentra et, bien vite, des détraqueurs arrivèrent en grand nombre, surprenant les mangemorts qui accouraient. Une bataille acharnée se livra alors sous les yeux des rescapés dont les membres sorciers pourvus de baguettes intervenaient de temps à autre à coups de sorts. Supervisant le tout, Abel donnait ses ordres, commandant et criant à telle ou telle personne de lancer un stupéfix par-ci ou un expelliarmus par-là.
« L'espèce de mastodonte qui grogne, cria Abel à Nathan. Ouais, celui-là, confirma-t-il en voyant le mangemort à la grande carrure tomber.
- Où est Harry ? demanda Remus qui contrôlait péniblement les détraqueurs.
- A l'intérieur, répondit Abel. Sur la gauche, Bernard ! Le petit maigrelet ! Celui qui nous montre son postérieur parce qu'il n'a pas remarqué que sa robe est arrachée... Ah, non, pas besoin, il vient de se faire embrasser par un détraqueur...
- C'est quoi ce bordel ? Demanda Remus, perdu par se qu'il se passait devant lui.
- Pas le temps, Lupin, grogna Abel. On est en plein combat l ! Faites joujou avec vos suceurs d'âmes et ensuite, je vous raconterai tout ! Alastor !! Surveille ta gauche, merde ! C'est la troisième fois que je te le hurle ! »
Abel se lança dans la mêlée, laissant un Remus stupéfait derrière le muret. Le lycanthrope se tourna vers des moldus qui le regardait d'un air impressionné.
« Pourquoi t'es tout dor ? demanda un petit garçon.
- Heu, fit Lupin, perturbé par le fait qu'il ne comprenait plus rien.
- Lupin ! cria Abel. Ramène tes crocs par ici !! »
Sursautant, Remus se re-concentra sur le combat qui se livrait devant lui, se focalisant le plus possible sur le contrôle des détraqueurs. Sorciers et monstres maléfiques se livraient une lutte sans pareil quand la roseraie magique de Voldemort décida d'intervenir. Le premier à voir les créatures feuillues poussa un cri déchirant de détresse en voyant les lions leur sauter dessus. Aidé par le nouvel allié, les mangemorts reprirent du poil de la bête. Courant à gauche et à droite, Abel continuait de donner ses ordres, tentant d'aider ses amis du mieux qu'il pouvait.
« Incendiez-les ! cria-t-il. Ce sont des arbustes, ils peuvent donc brûler ! INCENDIEZ-LES !! »
Gerbes de flammes, sortilèges impardonnables ou à la limite de l'autorisation ministérielle, cris de douleur, de rage de désespoir, de mort, tout était confus, mais chacun retenait qu'ils devaient se battre. Pour leur vie, celles de leurs proches ou leur maître, peu importait. Ils voulaient simplement gagner. Et dans toute cette mêlé, Remus brillait, doré, mais fatigué. L'énergie lui manquait de plus en plus et il semblait s'épuiser à chaque fois que de nouveaux détraqueurs arrivaient à l'aide. Mais les potions de régénération étaient loins, dans la niche et il savait qu'il n'aurait pas la force de rejoindre l'abri. Tombant à genoux par manque d'énergie, Remus ne distinguait plus qui était de son côté et qui était contre.
Il pensa un instant qu'il aurait voulu ne pas participer à cette bataille, qu'il aurait dû refuser. Il supplia Harry d'arriver ou tout simplement les mangemorts de partir. Mais rien ne se passa et la bataille continuait, le contrôle des détraqueurs et la pierre lui pompant toujours un peu plus de sa force magique.
Arriva un moment où l'un des détraqueurs s'arrêta d'attaquer les mangemorts.
Arriva un moment où deux autres l'imitèrent. Suivit de trois, puis quatre... Et de plus en plus. Une grande partie des mangemorts avait été mise hors d'état de nuire et la roseraie flambait pitoyablement dans un coin. Remus tomba, face contre terre, poussant un gémissement déchirant et un frisson secoua les 'rangs' d'Abel. L'ancien Auror se figea, se tournant d'un brusque mouvement vers le corps tremblant et épuisé du lycanthrope.
« Lancez des patronus, cria-t-il. Vite ! »
Et sans attendre, il scanda la formule, un immense ph½nix sortant de sa baguette. Les détraqueurs, encore immobile, s'enfuirent rapidement. Tout aussi vite, Abel rejoignit le lycanthrope dont la couleur dorée se résorbait peu à peu.
« Remus ? » fit doucement Abel, inquiet.
L'homme ne répondit pas. Il regarda le ciel couvert puis les mangemorts inconscients. Ils avaient gagné, même s'il avait perdu le contrôle des détraqueurs. Il espérait juste que Harry allait bien. Sirius serait en colère s'il devait lui arriver quelque chose.
« Harry ? chuchota doucement Remus, sa voix portant difficilement tant elle était faible.
- Chuut, fit Abel. Ne dis rien, Remus. J'aurai dû m'apercevoir que tu n'allais pas bien... »
Abel fouilla vivement dans ses poches tout en soutenant la tête du meilleur ami de son fils version âgée. Rapidement, il sortit la potion revitalisante qui lui restait et en enleva le capuchon. L'approchant des lèvres un peu ouvertes du lycanthrope, Abel versa le contenu de la potion dans la bouche de Remus. Le liquide coula sur sa joue. Abel écarquilla les yeux d'horreur en regardant le visage du loup-garou.
Les yeux ouverts mais vides, Remus Lupin ne respirait plus.
Harry tressaillit, compatissant. Le visage de Katia était vide de toute expression si ce n'est la rage et la douleur, des larmes lavant son visage maculé du sang des faux bébés. Face à elle, Voldemort riait à gorge déployée, élargissant la plaie qu'il avait assénée à la jeune femme.
« T'aimer, Katia ? Mais je me suis servi de toi ! De toi et de ton stupide faible pour moi ! De ton idiotie de naïveté et de ta crédulit ! Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi stupide que toi ! »
Et Voldemort se remit à rire. La jeune femme était secouée de sanglots, son c½ur se brisant à chaque mot, chaque insulte. La vérité déferlait sur elle sans aucune pitié, ne laissant peu à peu que douleur et haine. La colère de Katia était si grande que son beau visage en était déformé. Ses yeux brillaient d'une lueur démente qui fit comprendre à Harry ce qu'elle allait faire cinq secondes avant qu'elle n'explose de rage. Serrant les poings, elle cria :
« Ça suffit ! »
Sa voix aiguë porta dans toute la salle, semblant presque résonner. Frémissante, Katia enfonça ses mains dans ses poches, comme pour chercher sa baguette. Mais ce fut des graines qu'elle sortit.
« Vous vous êtes servi de moi, cria Katia. Vous m'avez séduite ! Vous m'avez menti !! Vous m'avez... Vous n'aviez pas le droit de me faire ça ! Je vous aimais ! »
Voldemort eut un autre rire.
« Les sentimentaux comme toi sont faits pour être berné, Katia, se moqua durement le mage noir. Et oui, je t'ai trompé. Il faut avouer que j'ai un certain talent pour embobiner les gens ! Et tu as été la plus facile à duper ! Dès le premier jour ou je t'ai vu, j'ai su que tu allais tombé amoureuse de moi. Si jeune... Si bête ! Une parfaite Gryffondor, du moins si tu avais fait tes études à Poudlard ! Mais tu allais être professeur ! Professeur en botanique. Et pourtant, tu possédais tellement d'autres talents extraordinaires ! L'espionnage, la science du meurtre... Quel dommage que tu ne sois qu'une vermine de Sang-de-bourbe...
- Ça suffit, cria de nouveau Katia. Vous allez me payer cette infamie, Voldemort !! Je ne suis pas professeur de botanique pour rien !! »
Et d'un mouvement rageur, la jeune femme jeta ses graines à terre. Il ne se passa tout d'abord rien, à première vue. Même Voldemort crut à un coup de bluffe et faillit se moquer d'elle. Tout du moins l'aurait-il fait si, soudainement, les graines ne s'étaient pas fendues pour s'ouvrir brutalement. Des racines, tout d'abord petites, sortirent dans un bruit de fourmillement effrayant. Plus elles sortaient de leur germe, plus les plantes grossissaient, atteignant à une vitesse effrayante le plafond de la pièce. On aurait dit une espèce de lierre aux feuilles bleuie et aux fleures rouges éblouissante. Rapidement, les végétaux recouvrirent la totalité des murs de la pièce, leur base s'élevant au centre, là ou Katia avait jeté les graines.
« Vous allez me payer ça, Voldemort, pleurait Katia. Vous allez le regretter amèrement ! »
Le mage noir se taisait, regardant la pièce avec des yeux écarquillés. Il était pâle et Harry se demandait bien pourquoi. A première vue, les plantes ne semblaient pas dangereuses. Katia, elle, souriait d'un air dément tout en tremblant de rage. Le silence régna alors dans la pièce, semblant assourdissant. Puis, soudainement, un glissement suivit d'un bruissement de feuilles. Harry loucha d'un air inquiet. L'une des branches avaient bougées, se promenant lentement sur le sol. Doucement, le survivant bougea le pied, l'orientant vers la sortie. Son mouvement déclencha un bourdonnement assourdissant. De nombreuses lianes se mirent en mouvement. D'abord doucement, puis de plus en plus vite. Elles tournaient dans la pièce, encerclant les trois humains. Seule Katia ne semblait pas inquiété par la man½uvre. Voldemort, lui, regardait le spectacle avec étonnement et une légère crainte perceptible dans ses yeux. Harry quand à lui, fermement campé sur ses pieds, se tenait près à détaler.
Les lianes s'élancèrent subitement et attrapèrent Katia par la taille. Sans opposée aucune résistance, la jeune femme se laissa entraîner et disparut dans la plante feuillue. Alors, sa voix s'éleva dans le silence de la grande pièce.
« Vous avez dit de moi que j'étais une bonne espionne, Voldemort, dit-elle froidement. Mais je suis avant tout une experte en botanique. La roseraie se trouvant devant votre demeure est de mon fait et s'il suffit de les brûler pour les mettre hors d'état de nuire, ce n'est pas le cas de cette plante. Sa vie dépend de la mienne et le seul moyen de la détruire est de me tuer ! Malheureusement pour vous, je suis cachée... Je vais vous tuer, Voldemort. Je vais vous tuer ! »
Et alors, sans prévenir, la plante passa à l'attaque. Lianes, épines, fleurs, tout ce que le végétal pouvait faire pour infliger des blessures au mage noir, il le faisait. Voldemort transplanait partout où il le pouvait pour essayer d'éviter les attaques, sautant à gauche et à droite d'un air effrayé. Harry lui-même était obligé de recourir à cette technique car, bien qu'il ne soit pas visé, la plante ne faisait pas attention à lui et ne reculait devant rien pour atteindre le mage noir. Cependant, contrairement à son ennemi, Harry évitait de lui lancer des sorts, sachant pertinemment que rien ne pourrait la freiner. S'appuyant contre un pilier, Harry souffla un instant, épuisé. Jamais il n'avait dû faire preuve d'autant de vitesse et de mouvements pour se déplacer. Il s'appuya sur ses genoux un instant pour respirer, puis, pris d'inspiration, se laissa tomber au sol. Au même moment, une liane défonça le pilier qui alla rouler un peu plus loin. Harry se retint de se lever pour partir et resta coucher au sol. De là où il était, il ne risquait rien, les branches fouettant l'air à un mètre au-dessus de lui. Il regarda l'amas de feuilles bruisser de colère face au mage noir qui avait mis le feu à l'une d'elles et l'attaquer vivement. Voldemort n'eut pas le temps de réagir et fut projeté de l'autre côté de la pièce, percutant sauvagement un pan du mur que la plante n'avait pas couvert. L'homme tomba au sol, du sang sortant de sa bouche. Harry sentit un frisson lui parcourir le dos. Voldemort ne devait pas mourir... Mais il ne pouvait tout de même pas tuer Katia pour le mage noir !!
Perdu, Harry regarda son ennemi faire apparaître une épée et partir à l'assaut des branches qu'il coupait sauvagement. Le jeune professeur hésita un instant. C'était le comble de protéger le mage noir, mais il n'avait pas le choix. Katia ne se serait jamais rebellée si Harry et son grand-père n'avait pas attaqué le château et le survivant ignorait si, oui ou non, il changeait le temps ou si tout devait bel et bien se passer comme ça... Finalement, il décida d'intervenir et se leva d'un bond. Ce fut une grave erreur car au même moment, une liane fonça sur lui et le percuta violemment à la tête. Harry sentit ses pieds décollés du sol et vit avec horreur un pilier se rapprocher de lui. Dans un craquement sinistre, Harry s'écrasa la tête la première dans le montant de pierre. Un cri se fit entendre et, soudainement, la plante cessa de bouger. Surgissant de nulle part, Katia de Vaart accourut vers le jeune homme toujours couché à terre, du sang s'échappant d'une plaie profonde sur l'arrière de son crâne.
« Merlin, non ! cria Katia en courant jusqu'à Harry. Je suis désolé... »
Harry ne dit rien et tenta de fixer sa vision qui dansait péniblement. La douleur martelait toute sa tête avec une violence qui le laissait pantelant et il sentait un élancement révélateur dans son bras gauche. Harry vit soudain le visage de Katia apparaître dans son champ de vision, les cheveux plus ébouriffés que jamais, des feuilles emmêlées dedans.
« Je suis désolée, disait-elle. Je ne voulais pas que vous soyez bless »
Harry la regarda avec étonnement. C'était définitivement une drôle de mangemort. Tantôt meurtrière, tantôt inquiète de la santé de quelqu'un.
« Vous êtes bizarre, murmura Harry. C'est dommage que vous... Vous soyez tombée dans son piège... »
Katia ne répondit rien et farfouilla dans ses poches. Harry fit une moue dégoûtée en la voyant sortir une potion d'anti-douleur.
« Ne faites pas l'enfant et buvez », ordonna Katia en lui présentant la fiole.
Un peu grognon, Harry eut le courage de soulever la tête et avala rapidement le liquide acide. Il grimaça et déglutit péniblement. Rouvrant les yeux, ce fut dans le flou des larmes qu'il n'avait pas su retenir lorsqu'il s'était fendu la tête qu'il aperçut Voldemort, blessé mais déterminé, levé son épée.
« Katia !! » cria Harry, paniqué et horrifié en voyant le mage noir abaisser son épée.
Mais la jeune femme n'eut même pas le temps de se pousser. Harry cria quand il vit la pointe de l'épée transpercée le corps de Katia, le sang giclant sur lui. Les yeux écarquillés et vitreux, le corps de Katia fut pris de spasmes et elle finit par s'effondrer lamentablement sur Harry, étalant un peu plus de son sang sur le jeune homme. Autour d'eux, la plante commença à se décomposer et à s'effriter.
« NON ! » cria Harry.
Paniquant, il fit tomber la jeune femme à côté de lui et se pencha sur elle. Katia ouvrait et fermait la bouche dans une tentative désespérée d'inspirée de l'air et ses yeux éteints fixaient Voldemort d'un air douloureux et désespéré.
« Je vous aime », souffla-t-elle.
Et aussi subitement qu'elle avait prononcé ses mots, elle cessa de respirer. Harry tressaillit, le sang de la jeune femme ruisselant sur lui, il posa ses mains sur le beau visage et lui ferma lentement les yeux. Il resta un instant silencieux, regardant le jeune visage près de lui.
« Elle n'aurait pas dû mourir, pensa Harry. Elle était trop jeune ! Elle n'avait pas vraiment fait de mal... »
Le jeune homme resta un long moment couché sur le sol et s'appuya sur Katia, sans se préoccuper de Voldemort qui était juste à côté de lui. Ses sentiments se bousculaient en lui, se contraignant, s'épousant et se séparant en une mêlée étourdissante. Rage, peine, perplexité... Plus rien n'était normal et pourtant tout l'était. Les choses avaient été trop vite. La plante, le pilier, la mort de Katia. Harry avait l'impression d'être au centre d'un volcan en éruption. Des larmes amères glissèrent sur ses joues rouges de sang. Doucement, Harry se redressa et regarda Katia.
Toutes les anormalités comportementales de la jeune femme avaient trouvé une explication en seulement trois petits mots 'Je vous aime'. Elle n'était pas mauvaise, mais prise d'affection pour le mage noir, elle avait fait les pires erreurs de sa vie. Triste, Harry embrassa le front de la jeune femme, priant Merlin ou tout autre être divin de lui accorder une seconde chance, une autre vie, heureuse cette fois. Il se figea quand il entendit, non loin de lui, Voldemort rire. Voldemort riait ! Fou de rage, Harry se redressa d'un bond et asséna un coup de poing monumental au mage noir qui fut projeté à terre.
« Comment osez-vous rire ? cria presque Harry. Comment osez-vous rire alors que vous l'avez tu ? »
Le mage noir, depuis le sol, regarda Harry avec un sourire de défi. Se relevant avec un peu de difficulté, ses robes déchirées, et sa joue bleuie, il afficha une expression narquoise.
« N'avez-vous donc pas compris, monsieur McDrell ?? Je me fiche de cette femme, dit Voldemort. Elle n'était pour moi qu'un pion ! Un pion boiteux en plus, vu que sa seule utilité était d'espionner Dumbledore et qu'elle s'est faite pitoyablement démasquer ! Et en plus de ça, c'était une Sang-De-Bourbe ! Qui y a-t-il de mal à exterminé un parasite ?
- C'est vous, le parasite, Voldemort, rugit Harry. Vous qui êtes un sang mêl ! Né d'un père Moldus ! Croyez-vous que je l'ignore ? Je connais tout de vous, Voldemort. Vous êtes un Sang-De-Bourbe !
- SILENCE ! cria Voldemort. Je vous interdis de dire ça !
- Vous n'acceptez pas la vérité, hein ? Mais elle est pourtant là et vous ne pouvez pas l'ignorer ! Sang-de-bourbe ! Sang-de-bourbe ! Sang-de-bourbe ! Sang-de-bourbe !! »
Enervé par la provocation d'Harry, Voldemort fonça sur lui avec son épée. Harry n'eut aucun mal à parer l'attaque, l'épée frôlant de justesse ses côtes, déchirant un peu plus sa robe. Rapidement, Harry attrapa la garde de son adversaire et lui tordit violemment le bras, Voldemort lâchant son épée dans un cri de douleur. Au diable la magie et les sortilèges, Harry lui donna un second coup de poing. Le mage noir ne mit pas longtemps à répliquer et frappa Harry à son tour. Un peu déstabilisé par le coup, Harry n'eut pas le temps d'esquiver le suivant et se retrouva au sol, un lancement désagréable au ventre, là ou le mage noir lui avait donné un coup de pied. Roulant sur lui-même, Harry se redressa d'un bon et, à son tour, donna un coup de pied au mage noir qui recula d'un bon mètre. Sans s'en apercevoir, Voldemort et Harry faisaient appel à leur force magique pour que leur coup porte plus et blesse mieux leur opposant, Si bien que lorsque le mage noir frappa Harry avec son poing, le jeune homme recula de trois mètres pour percuter le mur derrière lui dans un bruit sourd. La potion d'anti-douleur que lui avait donné Katia avait un point positif, Harry ne sentait pas les attaques du mage noir. Par contre, il n'ignorait pas qu'il allait le sentir passer après.
D'une roulade, Harry se retrouva près du mage noir et le frappa violemment dans le tibia. Un craquement sinistre se fit entendre, la jambe de l'homme s'étend brisée sur le coup. Voldemort hurla de douleur, mais ça ne l'empêcha pas, de rage, de se jeter tête baissée sur Harry. Roulant au sol l'un sur l'autre, ils se donnaient des coups de poings, de genoux et parfois, se lançaient des pierres qu'ils ramassaient au hasard. Parvenant à bloquer Voldemort un instant, Harry ne put s'empêcher de le défier encore.
« Vous vous battez comme un Sang-De-bourbe ! »
Rageur, le mage noir donna un coup de tête à Harry, ce qui eut pour effet de casser le nez du concerné. Il ne se laissa pas faire pour autant et lui donna un autre coup de poing brillant de l'or de son aura, lui cassant la mâchoire. Le mage noir, le visage ruisselant de larmes de douleur, donna un coup de genou à Harry qui ne le sentit pas. Se redressant sur Voldemort, Harry lui donna un second coup de poing dans la mâchoire, un autre craquement se faisant entendre. Le mage noir, légèrement assommé, n'eut pas le temps de réagir et se retrouva immobilisé au sol, Harry tenant fermement ses deux mains. Acculé et gravement blessé, le mage noir ne tenta même pas de se libérer.
« Ecoutez-moi bien espèce d'abruti congénital, rugit Harry. Je me fiche de vous et de votre stupide grandeur, je me fiche de votre putain de plan pour conquérir le monde. La seule chose qui m'intéresse, c'est de passer une fin d'année tranquille, de donner leur examens à mes élèves et ensuite de rentrer chez moi en sécurité. Nous avons passé un accord, Voldemort. Et vous le tiendrez ou croyez-moi, votre mâchoire et jambe cassées ne seront rien par rapport à ce que je vous ferai ! Ne touchez pas à ma famille, n'approchez pas de Poudlard ou vous comprendrez qu'il n'y a pas qu'un Dragon qui protège cette école ! Est-ce que c'est clair ?? »
Le mage noir lui lança un regard de défis. Sans magie cette fois, Harry le gifla.
« Est-ce que c'est CLAIR ?? » cria Harry.
Voldemort détourna la tête.
« C'est bien ce qu'il me semblait, fit Harry d'une voix impérieuse. Je vais rentrer chez moi, indiqua-t-il. Tentez quoi que ce soit et je vous ferai vivre votre pire cauchemar ! »
Lâchant le mage noir, Harry se releva péniblement. Ses jambes avaient un peu de mal à le porter et le jeune homme comprit bien vite pourquoi quand il vit de grandes entailles ensanglantées sur celle-ci. Il regarda un instant son état, perplexe. Il avait le nez cassé, une plaie sur l'arrière du crâne, sans doute une côte cassé,e beaucoup d'égratignures aux bras, ses jambes couvertes de profondes entailles et ses deux mains complètement fracassées à cause de la trop puissante magie canalisée dans ceux-ci. Sans oublier qu'il était couvert de sang, tant de celui de Voldemort, de Katia et du sien.
« Ginny va faire un arrêt de c½ur », pensa sombrement le jeune homme.
Péniblement, Harry s'avança vers le berceau où se trouvaient ses faux bébés. Arrivés tout près, Harry se pencha sur eux et sentit son c½ur se serré à la vue des deux petits êtres morts. Ne supportant pas cette vision, le jeune homme désenchanta les pierres qui reprirent leur forme originelle. Voldemort, qui s'était péniblement relevé, poussa un cri rauque de colère.
« Comment se faire berner royalement, par Harry McDrell, plaisanta Harry en brandissant les deux pierres. Vous avez vraiment cru que je ne me doutais pas que vous tenteriez un plan pareil ? »
Voldemort lui lança un regard haineux et essaya de parler, mais la douleur à sa mâchoire l'en empêcha.
« C'est le 'Jour qu'Aucun Méchant n'Aurait Imaginer Subir', n'est-ce pas ? rit Harry en regardant son ennemi appuyé contre un des piliers. En une soirée, vous avez eu un château presque démoli, des mangemorts en moins, la mâchoire et la jambes cassées sans compter tout les autres bobos et l'une de vos mangemorts a essayé de vous tuer... Oui, vraiment, un jour pénible dans votre pitoyable existence, Voldie... »
Le mage noir enfonça ses doigts dans le pilier, tremblant de rage.
« Je sais, se moqua Harry. 'Si j'étais en forme, je vous ferai la peau'. Mais vous ne l'êtes pas, mon cher. Sur ce, excusez-moi, mais je préfère partir avant que la potion anti-douleur ne fasse plus effet ! »
Et sans attendre, Harry tourna le dos au mage noir et s'éloigna d'un pas chancelant. Il entendait le mage noir se déplacer faiblement derrière lui, puis le silence régna un instant. Son instinct l'avertit de suite que ce silence n'était pas normal. Pivotant sur lui-même, Harry eut juste le temps de voir le mage noir lancer une fiole de potion de soin qui n'avait pas été cassée pendant l'attaque de la plante. Aussitôt soigné, le mage noir sortit sa baguette.
« Avada..., commença-t-il.
- Illusion de l'esprit, cauchemar plongé dans l'oubli, commença Harry.
- Kedavra ! finit Voldemort.
- Emprisonnez cet homme dans ses peurs, Juste pendant quelques heures ! » finit Harry.
Le sortilège de mort et l'incantation se croisèrent et chacun vint toucher son but, faisant tomber les deux hommes en même temps. Harry sentit une douleur puissante en lui, son esprit s'arrachant de son corps avec une violence inouïe. Cependant, un lien d'or enroulé autour de son fantôme l'empêcha d'en sortir et dans sa tête, résonna une voix qui lui était familière, une voix du passé qu'il avait longtemps recherché, la voix de sa mère, Lily Potter.
'Je t'aime, mon fils... Mon petit bébé, je t'aime tellement... Ne meurs pas... Jamais... Je te protège...'
Harry cria de douleur son esprit tiré d'un côté par le sortilège, de l'autre par l'amour de sa mère. Alors, subitement, il fut replongé dans son corps, l'amour gagnant sur la mort. Harry haleta péniblement, respirant douloureusement. Toutes ses blessures se faisant sentir, la potion ayant été annulé par le sort. Cependant, la plus grande souffrance émanait de son torse, à l'endroit où le sortilège l'avait touché. Relevant la tête, Harry écarquille de stupeur.
Là, sur son torse, une marque ensanglantée en forme d'éclair brillait légèrement, une lueur verte émeraude l'entourant. Harry serra les dents et, très difficilement, se releva. Ce fut alors seulement qu'il remarqua les cris de terreur que poussait Voldemort. Tournant la tête dans sa direction, Harry regarda son ennemi qui, étendu au sol, les yeux fermés, se débattait péniblement contre un ennemi invisible, contre ses pires cauchemars. Harry se félicita lui-même d'avoir lancé le sortilège, ainsi, son ennemi ne l'aurait pas vu se relever avec un éclair révélateur sur son torse.
Tremblant et pleurant, Harry marcha aussi vite qu'il le put vers la sortie. Quand il atteignit les portes de chaînes de la pièce, il fut étonné de voir qu'elles étaient encore en état et entière. Sans difficulté, le jeune homme les ouvrit et les referma derrière lui, étouffant complètement les cris de terreur de son ennemi. Harry s'appuya un instant contre le montant de bois, fermant les yeux un instant pour se reposer et pour laisser le temps au sol d'arrêter de tanguer autant.
Il fallait qu'il sorte de là au plus vite ou Voldemort se réveillerait et tenterait de l'en empêcher. Le mage noir, en ne voyant pas de corps, comprendrait que son ennemi n'était pas mort et qu'il avait esquivé le sort. Même s'il ne l'avait pas vraiment évité... Sortant de sa poche intérieure le masque des mangemorts, Harry le remit rapidement sur son visage. Alors, se tenant au mur, il se mit à avancer. Tout tournait autour de lui et ses jambes lui faisaient un mal de chien, mais serrant les dents, il s'obstina et continua d'avancer. Il lui sembla que des heures s'étaient écoulées avant qu'il ne retrouve les escaliers qu'il descendit à une lenteur inimaginable. Chaque respiration était devenue difficile et ses pensées se bousculaient dans sa tête, lui donnant l'impression que tout était de plus en plus trouble.
'C'est donc ça qu'il s'est passé lorsque Voldemort a essayé de me tuer, quand j'avais un an... Ginny va me tuer... Comment va Abel ??... Je n'aurai pas dû... Vache, ça fait mal de résister au sortilège de la mort...'
Et tout défilait ainsi, sans cohérence ni lien, l'amenant même à penser à son équipe de Quidditch. Quand il arriva au croisement où son grand-père et lui s'étaient séparés, il resta planté là un long moment. Puis, l'esprit brumeux, il s'avança dans un couloir désert, sans se soucier de savoir s'il prenait la bonne direction ou pas. Des pas résonnant sur la pierre froide le fit s'arrêter. Il regarda devant lui, le décor dansant un peu. Alors, distinctement, il vit des mangemorts et des détraqueurs s'avancer vers lui. Les détraqueurs ne s'arrêtèrent pas et continuèrent leur route, sans lui accorder un regard. Harry sentit très bien l'onde de froid qui l'entoura et frissonna légèrement. Les mangemorts s'arrêtèrent et le regardèrent.
« Bon sang, fit l'un d'eux. Qu'est-ce qui t'es arriv ??
- Heu..., hésita Harry. C'est ces crétins de prisonniers, improvisa-t-il.
- Tsss, fit un autre mangemort. Ils t'ont bien amoché. Viens, on va te conduire à 'L'infirmerie'.
- Non, ça ira, répondit Harry en se redressant. J'ai quelque chose à faire.
- Quoi ? demanda le premier qui avait parlé.
- Quelque chose, répliqua froidement Harry.
- Bon, ça va, comme tu veux ! fit le mangemort. Pas la peine de t'énerver... »
Harry haussa les épaules et s'éloigna d'un pas vacillant, conscient du regardsdes mangemorts posé sur lui. Continuant dans le sombre couloir, Harry croisa d'autres mangemorts qui tentèrent de le persuader d'aller se soigner et d'autres détraqueurs, ce qui l'amena à s'inquiéter. Si les créatures maléfiques étaient revenues du côté de Voldemort, c'était que Remus avait eu des problèmes.
A cette pensée, le jeune homme accéléra tant bien que mal le pas. Il lui fallut une demi-heure pour atteindre les portes de sorties en recourant à ses aide-mémoire qu'il avait peints sur le mur lors de son premier passage. Il se remercia lui-même d'avoir pensé à ça et lorsqu'il atteignit les hautes portes de chêne du château, il faillit s'asseoir un instant pour se reposer, mais préféra continuer d'avancer. Sa fatigue était trop grande et il avait vraiment besoin de se reposer.
Devant les portes, Harry récita le mot de passe et celles-ci s'ouvrirent dans un grincement sinistre qui lui parut pourtant libérateur. Sortant, Harry poussa une exclamation de surprise devant le champ de bataille qui s'étendait devant lui. Un peu partout, la roseraie magique crépitait encore un peu et des corps de mangemort ou de sorciers gisaient ici ou là. Le jeune homme s'avança, ses pas soulevant une couche de poussière. Soudain, sans prévenir, un homme se dressa devant Harry, sa baguette pointée sur lui. Harry le regarda, légèrement troublé. L'homme devant lui avait l'air en aussi mauvais état que lui.
« N'avancez pas, ordonna son interlocuteur.
- Qui êtes-vous ? » demanda Harry.
L'homme sembla troublé par la question d'Harry.
« Nathan Shacklebolt, répondit l'homme.
- Vous êtes l'un des anciens prisonniers ? demanda Harry. Où est Abel ? »
Nathan sembla perturbé par le ton doux d'Harry.
« Vous ne croyez tout de même pas que je vais vous le dire ? », rugit Nathan en brandissant un peu plus sa baguette.
Harry resta un instant surpris du comportement de l'homme avant de comprendre. Lentement, il porta la main à son masque et l'enleva, révélant son visage maculé de sang mais si semblable à celui de son grand-père.
« Merlin ! s'exclama Nathan en le voyant.
- Je m'appelle Harry McDrell, énonça le concerné. Je suis un ami d'Abel. Où est-il ? »
Nathan déglutit mais tandis son index vers la niche de pierre où ils s'étaient réfugiés en arrivant. Harry fut surpris d'y voir plusieurs personnes en assez mauvais état.
« Il a donc réussi à vous sauvez..., fit Harry en s'avançant vers la niche, Nathan à ses côté.
- Oui, répondit le sorcier. Mais difficilement. »
Harry se contenta d'un hochement de tête avant de continuer d'avancer, toujours aussi péniblement. Nathan s'empressa de l'aider à marcher, Voyant les difficultés d'Harry.
« Qu'avez-vous fait pour vous retrouver dans cet état ? » demanda Nathan, curieux.
Harry resta silencieux quelques minutes puis répondit :
« J'ai joué un tour à Voldemort... »
Nathan frissonna mais le regarda avec les yeux écarquillés de stupeur. Harry eut un léger rire avant de s'écarter de l'homme pour fendre, cahin-caha, la foule massée autour de la petite niche. On le laissa passé, impressionné par son état physique. Quand Harry eut enfin accès à la grotte, il sentit son c½ur battre la chamade et son sang se retirer de son visage en découvrant Abel penché sur un Remus blanc comme la mort.
« Qu'est-il arriv ? paniqua-t-il, s'approchant d'Abel d'un pas chancelant mais rapide.
- Il a faillit y rester, avoua Abel sans le regarder.
- Failli ? fit Harry d'un air soulagé. Alors il est vivant ?
- Oui, répondit Abel. Mais dans le coma. J'ai réussi à le réanimer juste à temps. » (NdA : tiens, une cacophonie de 'Ouf'... mdr)
Harry souffla de soulagement et se laissa tomber à terre. Alors seulement, Abel le regarda. Harry vit son grand-père blêmir face à son état.
« Par Merlin, Harry, que t'est-il arriv ??
- Petit Duel avec tonton Voldie, répondit Harry. Et toi ? Tu peux m'expliquer pourquoi j'ai entendu la danse des canards en plein combat ? »
Abel pouffa d'un air amusé et répondit :
« C'était une diversion. Nous devions abattre une paroi pour accéder à un couloir libre et ainsi, nous glisser hors du château sans trop de difficultés. Et comme les mangemorts étaient juste devant la porte, nous avons chanté en amplifiant magiquement notre voix... »
Harry éclata de rire.
« Tu me fréquente trop », marmonna-t-il finalement.
Abel rit.
« Je ne pense pas. Ça doit être de famille, tout simplement ! »
Harry rit à son tour puis, à quatre pattes, s'approcha de Remus. Il s'assit près de son ami et installa sa tête sur ses genoux, caressant rêveusement les cheveux aux mèches grises et châtains de son ami.
« Je m'en serai voulu toute ma vie s'il avait dû mourir, murmura Harry, sentant une larme rouler sur sa joue.
- Il est vivant, le rassura Abel. Dans le coma, mais vivant. J'aurai dû faire plus attention à lui... »
Harry releva la tête, interrogateur.
« Je l'ai obligé à appeler les détraqueurs pour nous aider dans le combat contre les mangemorts. Je n'ai pas pensé qu'il allait s'épuiser... »
Harry eut un sourire compréhensif.
« Ce n'est pas grave..., dit-il. L'important est qu'il soit vivant... »
Abel hocha péniblement de la tête et Harry essuya ses larmes. Abel le regarda un instant, soucieux.
« Tu es vraiment dans un sale état...
- Je sais, répondit Harry en regardant ses mains cassées. Je n'ai pas trop envie de rentrer, avoua-t-il en grimaçant.
- Ça, j'imagine, pouffa Abel. Tu crois qu'elle va réagir comment en te voyant arriver ?
- Elle va hurler », marmonna Harry.
Abel ricana et se releva péniblement.
« Tu as une idée de comment nous allons transporter tout ce petit monde ? demanda Abel.
- Le mieux, ça serait encore de faire un portoloin, répondit Harry. Où les emmenons-nous ?
- A Ste-Mangouste, fit une voix caverneuse qui fit frissonner Harry. Ça sera mieux pour certaines blessures. »
Harry se retourna et fut surpris de faire face à un Maugrey Fol ¼il plus jeune, moins amoché qu'en son temps, mais avec un ½il arraché depuis peu, vu le sang qui coulait du bandage improvisé qu'il s'était fait.
« Harry, je te présente Alastor Maugrey, fit Abel en souriant à son collègue. Alastor, voici Harry McDrell, je t'en ai déjà parlé, il me semble...
- McDrell ? demanda Maugrey. J'aurai parié que votre nom était Potter, avec cette ressemblance.
- Troublant, n'est-ce pas ? rit Abel. Bon, et si nous en revenions à cette histoire de transport ? »
Harry sourit à son grand-père, voyant nettement qu'il essayait de détourner la conversation.
« Bonne idée, répondit Harry. Voyons voir... »
Il regarda autour de lui et finit par prendre le masque de mangemort qu'il avait laissé tomber.
« Ce n'est pas assez gros pour que tout le monde le touche, fit remarquer Maugrey.
- Il suffit de l'agrandir », fit remarquer Harry.
D'un coup de baguette, Harry fit grossir le masque blanc qu'il tenait dans sa main de la taille d'une plaque d'égout.
« Ça va, ainsi ? » demanda Harry.
Maugrey se contenta d'un simple grognement.
« Portus, marmonna Harry en pointant le masque. Voilà, il s'activera dans un quart d'heure...
- Ok », répondit Abel.
Il s'avança rapidement parmi les sorciers et moldus qui attendaient là et s'empressa d'expliquer la situation. Dix minutes plus tard, ils étaient tous réunis autour du masque, un doigt posé avec une certaine répugnance dessus.
« Vous ne venez pas avec nous ? demanda Nathan en regardant Harry et Abel.
- Non, répondit Abel. Nous rentrons à Poudlard.
- Ok, répondit Nathan. Au revoir et... Merci ! »
Abel hocha simplement de la tête en souriant avant que tous ne disparaissent, le laissant seul avec Harry et Remus. Harry s'étendit douloureusement avant de s'approcher des sombrals non loin de là.
« On n'aura pas besoin de vous, leur dit-il. Rentrez à Poudlard... »
Les créatures ailées le regardèrent un instant avant d'ouvrir majestueusement leurs grandes ailes et de s'élever dans les airs.
« On va transplaner à Pré-au-Lard, expliqua Harry face à la mine surprise de son grand-père. Ça ira plus vite... »
Abel hocha de la tête et souleva tant bien que mal Remus dans ses bras.
« Il est lourd, mine de rien », commenta l'ancien Auror.
Harry rit mais s'approcha de son grand-père pour attraper la main de Remus.
« Prêt ? » demanda-t-il.
Abel hocha de la tête puis ils fermèrent tout les deux les yeux, transplanant. Harry sentit ses pieds quitter brièvement le sol avant d'atterrir de nouveau, une brise froide caressant son visage et des trombes d'eau s'abattant sur lui.
« Génial, il pleut », marmonna Harry.
Abel éclata de rire.
« Ça vaut mieux, si tu veux mon avis, dit-il tandis qu'ils avançaient vers le château. Au moins, tu seras débarrasser de tout ce sang ! »
Harry rit à son tour, marchant aux côtés de son grand-père.
« Tu veux mon avis ? demanda Harry. Je crois qu'on ferait mieux de prendre un petit raccourci.
- Oh ? fit Abel. Et o ? »
Harry lui indiqua de le suivre et Abel s'exécuta, perplexe. Ils marchèrent longuement dans les rues sombres du village, la pluie tombant sur eux avec brusquerie. Harry fut surpris de voir une marre de sang se former peu à peu autour de lui, mais soulagé de savoir qu'il ne se présenterait pas à Ginny couvert de sang.
Tournant dans plusieurs rues, ils arrivèrent dans une sombre ruelle exiguë où se trouvait une plaque d'égout. Harry s'arrêta au-dessus et la souleva.
« Normalement, ça devrait être la bonne, commenta Harry. Mais je n'ai jamais emprunté ce passage...
- Passage ? demanda Abel.
- Il y a un passage qui mène directement au grand miroir se trouvant dans le quatrième étage de Poudlard, expliqua Harry, souriant à son grand-père. Mais je ne l'ai jamais utilisé car un éboulement en 1992 en a bouché l'accès.
- Oh ! fit Abel, manifestement impressionné par la connaissance d'Harry sur les passage secrets du château. Tu as du fouiller Poudlard longtemps pour découvrir tout les passages.
- Pas vraiment, confessa Harry en descendant dans les égouts. C'est James et sa bande qui ont fait une carte où ils se trouvaient tous...
- Quoi ? demanda Abel, étonné. Mon fils a...
- Oui, répondit Harry qui tenait les pieds de Remus pendant qu'Abel descendait, l'empêchant de finir sa phrase. Et ça m'a été très utile... »
Abel eut l'air de vouloir dire quelque chose mais finit par hausser les épaules en reprenant Remus dans ses bras. Harry pouffa avant de s'avancer un peu dans les égouts pour repérer le chemin.
« Ça doit être par là, murmura Harry en désignant un endroit qui montait. Le miroir se trouvant au quatrième étage, ça ne m'étonne pas que ça monte... »
Les deux hommes (ou trois si on considère Remus qui était inconscient) commencèrent à avancer, suivant la montée péniblement. Pendant toute la durée de leur avancée, ils restèrent silencieux, Harry plongé dans ses pensées. Il pensait à Katia qui était morte et à Draco qui le lui avait prédit. Le simple fait que le blond lui ait certifié le décès de la jeune femme rassurait Harry. Même si ça ne l'empêchait pas de se sentir légèrement coupable. Il ne voyait pas pourquoi, d'ailleurs. Etant à moitié assommé, ce n'était pas comme s'il avait pu faire quelque chose pour aider Katia à ce moment l !
'Et puis c'était son destin, pensa-t-il. Draco m'avait prévenu...'
Harry soupira, grimaçant en sentant un élancement douloureux au niveau de ses blessures. Le monde avait cessé de tourner depuis qu'il avait pu s'asseoir un peu, mais ça ne l'empêchait pas de se sentir dans un état de faiblesse désagréable. Il se surprit bien vite à s'appuyer de nouveau contre le mur pour marcher.
« Est-ce que ça va aller ? s'enquit Abel qui marchait juste derrière lui.
- Je pense, oui, répondit Harry. Je suis juste un peu fatigué. »
Abel n'insista pas mais marcha plus proche de lui. La montée se fit plus dure à un certain moment et Harry insista pour qu'ils s'arrêtent un instant, le temps de reprendre son souffle. Son grand-père en profita pour déposer un instant son fardeau au sol et s'étendre un peu les bras. Après quelques minutes, Harry décréta qu'ils devaient continuer à avancer, ce qu'Abel accepta. Toujours en silence, ils continuèrent d'avancer. Abel voyait très bien la fatigue de son petit-fils, mais préférait ne pas insister, sachant pertinemment que le brun refuserait toute aide. Néanmoins, fatigué de voir Harry s'appuyer contre le mur en haletant, l'ancien Auror finit par s'énerver.
« Ça suffit ! » décréta Abel.
Lentement, il posa Remus au sol et, sans laisser le temps à Harry de discuter, prit son petit fils dans ses bras. Harry poussa un cri mêlé de douleur et de surprise.
« Abel ! s'écria Harry, tentant de descendre de son perchoir.
- Silence ! ordonna Abel. Il n'est pas dit que je laisserai un membre de ma famille se torturer comme tu le fais, Harry. Tu te tais et tu restes là.
- Mais... Et Remus ? » tenta Harry.
Abel sourit.
« Nous ne sommes pas des sorciers pour rien, fit-il remarquer. Mobilicorpus. »
Le corps de Remus s'éleva dans les airs devant eux et avança. Mal à l'aise, Harry préféra regarder le sol.
« Ne fais pas cette tête, grogna Abel. Je suis ton grand-père après tout... »
Harry se contenta d'un simple acquiescement. Installé dans les bras de son grand-père, il se sentait assez gêné, même s'il s'agissait d'un membre de sa famille. Peu de personnes l'avaient porté de cette manière. Sirius, après le combat final contre Voldemort et Draco, peu de temps avant... Et s'il ne s'était pas sentit gêné, c'était parce qu'il les connaissait mieux que personne. Mais ce n'était pas le cas d'Abel qu'il n'avait rencontré qu'au début de l'année.
'C'est mon grand-père, pensa-t-il. Pas un étranger...'
Harry se surprit à regarder de temps en temps l'homme qui le portait. Fort, fier et grand, Abel Potter ne semblait même pas fatigué par la charge qu'il tenait et guidait tant bien que mal Remus. Harry regarda les traits qu'il avait lui-même sur son propre visage. Le nez, les pommettes et le front large. Il eut un sourire et, confiant, s'appuya sur son grand-père. Abel sourit.
« Tu vois, quand tu veux, Fils, que tu peux obéir ! »
Harry émit un léger rire fatigué.
« Oui, grand-père, dit-il. Oui. »
Severus marchait dans les couloirs de l'école, perturbé par les nombreux coups d'½il que Katrine-la-Serdaigle lui avait lancés pendant tout le repas dans la Grande Salle. Se grattant la nuque, il se demanda ce qui clochait avec cette fille pour qu'elle le regarde aussi souvent. Il soupira. Peu importe de toute façon. Il avait autre chose à penser qu'elle. Il avait son professeur... Severus était fou d'inquiétude pour McDrell, il devait bien l'avouer. L'homme était partit le matin et là, l'heure du souper était arrivé, mais il n'était toujours pas revenu.
'S'il devait lui arriver quelque chose, pensa Severus, je ne m'en remettrai pas...'
Il ne savait pas pourquoi, le Serpentard avait une confiance totale en Harry McDrell. Il savait que son professeur serait toujours là pour l'aider et le conseiller et l'idée d'avoir quelqu'un à ses côtés pour le soutenir le réconfortait et l'empêchait de trembler de peur pour les évènements qui allaient sans doute suivre sa graduation. Severus ne doutait pas que Voldemort, en colère face à son erreur avec les enfants McDrell, ne voudrait plus voir Severus avant qu'il ne sorte de l'école, aussi serait-il en paix pendant un certain temps. Mais pas toujours et Severus espérait que son professeur pourrait l'aider à ce moment-là...
« Severus », fit une voix douce derrière lui.
Se retournant, le Serpentard se sentit rougir en découvrant Katrine-La-Serdaigle. La jeune fille courut pour le rattraper et lui fit un léger sourire timide.
« Heu, dit-elle, hésitante. Voilà, je...
- Crache le morceau, n'attends pas cinq ans ! » railla Severus, une moue boudeuse sur le visage.
La Serdaigle rougit encore plus et Severus se sentit coupable. Il se mordit la langue, tentant de ne pas s'excuser. Mais face à l'air peiné de la jeune fille, il ne put résister.
« Désolé... »
Katrine redressa la tête et lui sourit.
« Ce n'est rien, dit-elle. Je voulais juste savoir... Enfin, si ça t'intéresserait de...
- De quoi ? s'impatienta Severus.
- Et bien, avant les examens, il paraît qu'on va finalement avoir une sortie à Pré-au-Lard et je... je me demandais si ça t'intéressait de venir avec moi..., dit rapidement Katrine, rougissant.
- A Pré-au-Lard ? s'étonna Severus. Avec toi ?
- Heu... oui », fit Katrine, n'osant pas le regarder.
Severus resta un instant immobile face à la jeune fille, hésitant un peu.
« Tu veux y aller avec moi ? s'assura-t-il.
- Ou...oui, affirma Katrine, son visage prenant une tinte rouge impressionnante.
- Heu... fit Severus, n'en revenant pas. D'accord...
- C'est vrai ? s'exclama Katrine, un grand sourire s'étendant sur son beau visage.
- Ouais, répondit Severus, rougissant à son tour.
- Merci, fit Katrine, s'approchant de lui.
- Heu... pas de quoi », répondit Severus, reculant.
Il se retrouva cependant rapidement coincé contre un mur, Katrine juste devant lui. Rouge pivoine, Severus essaya de retrouver un peu de contenance, mais la jeune fille ne lui en laissa pas le temps et l'embrassa. Severus se pétrifia, sentant tout ses os se liquéfier et ses membres devenir de la guimauve. Quand Katrine s'écarta de lui, Severus resta bêtement bouche bée, comme un poisson hors de l'eau. La Serdaigle émit un rire amusé avant de lui dire :
« A plus tard, Severus...
- A plus tard », répondit Severus, sur son nuage.
La jeune fille rit encore et partit d'un air joyeux, non sans se retourner pour lui faire un amical salut de la main auquel Severus répondit avec trois heures de retard. La seule chose que le Serpentard pouvait voir était qu'une fille l'avait embrassé. Embrassé sur la bouche. Et qu'elle était charmante, cette Katrine. Doucement, Severus porta sa main à sa bouche. Les choses allaient décidément très bien, ces derniers temps...
Souriant, le jeune homme commença à s'avancer quand un mouvement de l'autre côté du couloir le fit stopper net. Fronçant les sourcils, Severus s'avança d'un pas méfiant. Quelle ne fut pas sa surprise quand il vit surgir de derrière un miroir un homme inconscient qui lui était vaguement familier et flottait dans l'air et un Abel Potter portant dans ses bras Harry McDrell pas mal amoché. Severus écarquilla les yeux, stupéfait.
« Mais..., fit-il, l'air ahuri. D'où venez-vous ?
- De Pré-au-Lard, répondit son professeur qui le regarda en souriant. Et vous, Monsieur Rogue ? Que faites-vous l ?
- Heu... fit Severus, rougissant. Je me baladais...
- Au quatrième étage ? s'étonna Abel. Ce n'est pas par ici que se trouve les quartiers des Serpentard, il me semble...
- Non, mais ce n'est pas loin de celui des Serdaigles », pouffa Harry.
Severus rougit brusquement, Harry riant un peu plus franchement. Mais bien vite, la douleur fut trop grande et il grimaça. Alerté par l'état physique de son professeur, Severus se sentit coupable lorsqu'il eut noté chaque blessure corporelle de l'homme.
« Ça va aller, le rassura Harry en voyant l'air inquiet de Severus. Enfin, si Ginny ne me tue pas quand elle verra mon état... »
Severus eut un léger sourire.
« Vous feriez mieux d'y aller tout de suite, alors, conseilla le Serpentard.
- Vous avez raison, Severus, rit Harry. Allez ! En marche, soldat ! Et que ça saute.
- Pff, fit Abel. Même pas vingt et un ans et ça se permet de donner des ordres ! »
Severus rit en les regardant s'éloigner, Harry continuant de râler et de faire le clown.
« Un peu moins de remous, esclave ! disait le jeune professeur d'un air impérieux dans une imitation parfaite de Lucius Malfoy. Non, mais, vraiment, quelle incompétence, ces Aurors !! »
Severus rit un peu plus pour finir par croiser le regard de son professeur par-dessus l'épaule d'Abel Potter. Le jeune homme lui fit un clin d'½il et lui envoya un regard grave significatif. Severus hocha de la tête, comprenant ce qu'Harry essayait de lui faire comprendre. Il fallait à tout prix qu'il prépare de la potion anti-douleur pour sa prochaine convocation auprès du mage noir...
Quand ils eurent descendu plusieurs étages du château, Harry fut consterné de voir combien d'élèves traînaient dans les couloirs en fin de journée. Il eut tôt fait de s'appuyer contre son grand-père et de faire semblant de dormir, trop gêné que pour regarder consciemment ses élèves le fixer d'un air ébahi. Il entendit des chuchotements, des voix paniqués et même des halètements de surprise. Mais pas une fois, il n'ouvrit les yeux pour voir qui le regardait. Cependant, à un certain moment, il ne put ignorer la personne qui était là quand il entendit la voix de son père.
« Papa ? s'exclama James en s'approchant. Qu'est-ce qui est arriv ?
- Rien de grave, répondit Abel pour ne pas inquiéter son fils.
- Mais il a dû arriver quelque chose pour qu'il soit dans cet état...
- James, gronda son père. Je n'ai pas le temps, il faut que je l'amène à l'infirmerie. Viens me trouver tout à l'heure, je t'expliquerai.
- Mais papa...
- Pas maintenant, James ! s'impatienta Abel. J'ai dit plus tard ! »
Le pas d'Abel se fit plus brusque et plus rapide et Harry comprit que son grand-père tentait de distancer James. Finalement, l'ancien Auror finit par ralentir le pas.
« Tu peux rouvrir les yeux, dit-il. Nous sommes dans le couloir de l'infirmerie et je ne pense pas que d'autres élèves traînent par ici... »
Harry ouvrit doucement les yeux et regarda son grand-père.
« Merci, dit-il. Je crois que je n'aurai pas survécu à un interrogatoire en règle de James... »
Abel pouffa de rire.
« Je sais, confia Abel. Il est très têtu quand il veut.
- C'est ce qu'on m'a souvent dit, oui, rit Harry. Et il paraît que je suis aussi entêté que lui...
- Je ne dirai pas le contraire », s'esclaffa Abel.
Harry fit une moue agacée mais bien vite, il blêmit, déglutissant péniblement. Abel, perplexe, redressa la tête. Mais il comprit bien vite le comportement de son petit-fils quand il vit Ginny se diriger vers eux d'un pas vif.
« Mes condoléances, chuchota rapidement Abel.
- Merci », répondit Harry en reculant contre son grand-père d'un air terrorisé.
Ginny s'arrêta à un mètre d'eux et jeta un regard polaire à son mari. Celui-ci déglutit et dit d'une voix aiguë et rapide :
« Avant de me hurler dessus, s'il te plait, retournons à notre époque... D'accord ? »
Ginny souffla comme un Dragon en colère mais hocha froidement de la tête. Délicatement, Abel posa Harry au sol, le jeune homme grimaçant. Ginny eut un instant l'air affolée et inquiète, mais elle retrouva son expression ferme et dure quand Harry la regarda.
« Va te faire soigner, toi aussi, dit-il à son grand-père. Tu en as bien besoin. »
Abel lui sourit et hocha de la tête. Il arrêta son sortilège de lévitation sur Remus et Ginny le plaça sur un brancard. Alors, rapidement, elle sortit la lanterne et énonça d'une voix froide et tranchante :
« Lumos ! Le 16 mai 2001, Poudlard... »
Dans un flash de lumière doré, ils disparurent du couloir menant à l'infirmerie en 1976 pour réapparaître dans l'infirmerie en 2001. Alors, l'enfer pour Harry commença.
« ON AVAIT DIT QUE TU DEVAIS JUSTE ENTRER ET SORTIR !! »
Harry eut un mouvement de recul rapide et se boucha les oreilles d'un air piteux.
« Je sais ! » tenta-t-il de dire.
Mais ses mots furent couverts par les cris de Ginny.
« ÇA FAIT DES HEURES QUE JE T'ATTENDS !!
- Madame Potter ! S'exclama Madame Pomfresh en entrant vivement dans l'infirmerie. Mais enfin, qu'est-ce qu'il se... oh, fit-elle en voyant Harry. D'accord, j'ai compris... Il a encore risqué bêtement sa vie ?
- OUI ! cria Ginny.
- Hunhun..., fit l'infirmière en le regardant d'un air agacé. Bien, alors je vous demanderai de d'abord le soigner, ensuite de hurler ! Ça lui évitera de se vider de son sang et de salir le carrelage... »
La colère de Ginny tomba d'un seul coup. Par contre, son inquiétude, elle, subit une croissance vertigineuse qu'Harry sentit tout autant passé puisque la jeune femme se jeta dans ses bras en sanglotant.
« Aïe..., fit-il difficilement.
- Ooh, pardon ! s'exclama Ginny en s'écartant vivement de lui. Je ne voulais pas...
- C'est pas grave, dit Harry en serrant les dents. Et si tu me soignais ? » fit-il d'un air suppliant.
Ginny hocha de la tête puis, rapidement, alla chercher tout le matériel nécessaire. Pendant ce temps-là, Madame Pomfresh était allée installée Remus sur un lit et s'occupait de lui. Harry jeta un coup d'½il à l'infirmière de l'école et demanda :
« Comment va-t-il ? »
Pompom ne répondit pas tout de suite, occupée à noter quelques renseignements sur une fiche.
« Epuisé, mais toujours vivant, répondit-elle. Je pense qu'un peu de repos et une bonne dose de potion revitalisante devrait suffire... »
Harry grogna, plaignant manifestement son ami de son traitement, mais il ne put ignorer l'immense soulagement qu'il avait ressenti. Remus était hors de danger, c'était là le plus important... Harry s'assit dans un lit proche et ferma les yeux un instant pour se relaxer. Il lui semblait miraculeux qu'il ait survécu à cette journée riche en rebondissement. Il avait évité de penser à la possibilité d'y rester, mais maintenant qu'il était en sécurité, Harry se surprit à souhaiter vivre le reste de sa vie en paix. Il sursauta quand les doigts de Ginny commencèrent à détacher sa robe de sorcier et ouvrit les yeux, la regardant tendrement.
« C'était la dernière fois, murmura-t-il. Je ne veux plus risquer ma vie ainsi... »
Ginny stoppa son mouvement et le regarda d'un air surpris.
« Tu es sérieux ? »
Harry eut un léger sourire puis hocha la tête. Ginny parut encore plus étonnée mais finit par sourire d'un air tendre.
« Je ne te crois pas, répondit-elle. Mais bon, qui vivra verra... »
Harry eut un léger rire et leva les bras pour aider Ginny à lui enlever sa robe. La jeune femme grimaça en voyant les blessures qu'avait son mari.
« Lève-toi, lui ordonna-t-elle. Il faut enlever ton pantalon. »
Harry s'exécuta et Ginny lui enleva ses chaussures et son pantalon, le laissant simplement en sous-vêtements. La jeune femme détailla le corps de son mari.
« Ce n'est pas possible que tu ais perdu autant de sang, dit-elle d'un air inquiet.
- En effet, répondit Harry. Une partie ne m'appartient pas... »
Ginny blêmit en le regardant. Harry, lui, baissa la tête d'un air douloureux.
« Assis-toi », lui dit-elle.
Harry, grimaçant, repris place sur le lit. Ginny alla rapidement chercher une bassine et une éponge et installa autour d'eux trois paravents pour être protéger un minimum des regards curieux. Alors, minutieusement, elle se mit à nettoyer les plaies et le corps d'Harry qui ferma de nouveau les yeux, se reposant un instant. Quand Ginny eut fini, l'eau de la bassine était d'un rouge sang éc½urant. Harry rouvrit les yeux, regardant Ginny qui fixait son torse d'un air un peu ahuri.
« Qu'est-ce qui y a ? » demanda Harry.
Ginny sursauta et son visage se troubla un peu tandis qu'elle lui désignait l'éclair qu'il avait sur son torse. Harry eut un léger rire.
« Signé Voldie, comme d'habitude, expliqua Harry.
- Il... Il t'a lancé l'Avada Kedavra ? s'exclama Ginny, effarée.
- Oui », répondit Harry.
Ginny sembla devenir encore plus blanche alors qu'elle lui sautait dans les bras. Harry grimaça mais n'essaya pas de l'éloigner de lui. Il la garda contre lui, tentant de la calmer du mieux qu'il pouvait. Il resserra ses bras quand il s'aperçut qu'elle pleurait, lui chuchotant des paroles rassurantes.
« Tout va bien, lui dit-il tendrement. Tout va bien, Ginny...
- Tu aurais pu mourir ! plaida la jeune femme.
- Mais je suis vivant, dit doucement Harry. Je suis vivant... »
Ginny continua de pleurer contre lui un long moment avant de parvenir à se reprendre. Harry remarqua néanmoins qu'elle tremblait tandis qu'elle ressoudait les os de son nez et de ses mains et qu'elle bandait ces dernières 'Au cas ou'. Quand la jeune femme eut terminé de panser toutes les blessures, la nuit tombait tout doucement et Harry avait déjà somnolé à plusieurs reprises. Il avait continué d'interroger Pomfresh sur l'état de Remus et avait finalement demandé qu'on l'installe près du Lycanthrope. Harry, vêtu d'un pyjama trop petit de l'infirmerie, était donc entrain de marcher vers son lit quand Severus Rogue entra, aussi sombre qu'à son habitude, une caisse de potions sur les bras. L'homme eut un rictus amusé quand il vit Harry boitillé vers le lit, soutenu par Ginny.
« Toujours en vie à ce que je vois, railla le professeur de potion d'un air narquois.
- Il semblerait, répondit Harry d'un air fatigué.
- Je peux toujours arrangé ça, si vous voulez, Potter..., proposa Rogue en donnant sa caisse à Pompom qui regardait les deux hommes d'un air suppliant.
- Oh, je n'en doute pas, professeur, gronda Harry en s'asseyant. Seulement j'ai encore un certain élève à moffler en DCFM en 1976... Enfin, vu ses connaissances, ça ne devrait pas être dure...
- Nous sommes d'accord sur ce point, fit Rogue en souriant. Votre père n'a jamais été d'une intelligence remarquable... »
Harry serra les poings, agacé.
« Quel est votre problème, Rogue ? gronda Harry. Qu'est-ce qui cloche dans votre cerveau couvert de graisse, dites-moi ?
- Rien ne cloche, Potter, c'est juste vous qui me donnez envie de vomir !
- Mais qu'est-ce que je vous ai fait ?? s'écria Harry, au bord de l'homicide volontaire. Qu'est-ce que je vous ai fait, bordel de... »
Sa voix mourut dans sa gorge avant qu'il n'ait eu le loisir de finir sa phrase. Dans l'infirmerie, c'était le silence total. Ginny s'était écartée d'Harry pour aller près de Remus, toujours inconscient. Pompom, quand à elle, était allée déposée la caisse de potions dans son bureau et se tenait dans l'embrasure de la pièce, tendue comme un arc. Severus et Harry se faisaient face, se détaillant avec colère. Ce fut finalement le maître des potions qui brisa le silence, parlant d'une voix froide et pleine de rancune.
« Ce que vous m'avez fait, Potter ? Ce que vous m'avez fait n'a pas d'importance...
- Je regrette, mais si, ça en a ! cria Harry. Vous me devez des comptes, Professeur Rogue. Je réclame une explication pour dix ans de haine inexpliquée ! »
Ce fut de nouveau le silence, silence pendant lequel Harry et Severus se regardèrent, l'un avec colère, l'autre avec une profonde indifférence.
« Vous m'avez menez la vie dure pendant Dix ans, professeur, je veux une explication et tout de suite ! Qu'est-ce que je vous ai fait ?? »
Rogue fusilla Harry du regard mais ne répondit pas.
« Répondez ! cria Harry. Vous en avez l'obligation ! Je vous ai sauvé la vie il y a de cela plus de vingt ans ! Payez votre dette, professeur ! REPONDEZ !!
- Vous m'avez abandonn !! cria Rogue, figeant Harry.
- Quoi ? » s'exclama Harry.
Mais Rogue lui-même ne semblait pas revenir de ce qu'il avait dit et avait placé sa main sur sa bouche, l'étonnement visible sur les traits de son visage.
« Qu'avez-vous dit ? demanda Harry.
- Oubliez ça, Potter, je n'ai rien dit, ragea Rogue.
- Si vous avez dit quelque chose, s'entêta Harry. Vous avez dit que je vous avais abandonné.
- NON ! cria Rogue.
- SI ! Vous l'avez dit et je veux une explication.
- Vous pouvez toujours courir, Potter ! gronda Rogue, faisant mine de vouloir sortir de l'infirmerie.
- Severus, si vous sortez d'ici... », commença Harry.
Mais il n'eut pas à finir sa phrase. Rogue s'était figé en entendant Harry parler et avait tressaillit en entendant son prénom prononcé par Harry. Il y eut un long moment de silence de nouveau durant lequel personne ne remarqua que Remus avait ouvert les yeux et regardait la situation d'un air inquiet.
« Expliquez-vous, ordonna de nouveau Harry en claudiquant douloureusement vers son ancien professeur.
- Je ne vous doit rien, Potter, dit froidement Rogue en continuant de tourner le dos à Harry. Rien...
- Vous me devez la vie, répliqua Harry. J'ai faillit mourir, aujourd'hui. Remus aussi... Vous me devez cette explication... »
Rogue ne répondit pas. Harry commença à en avoir sérieusement marre et fit un pas vers son professeur dans le but de lui flanquer une bonne fois pour toutes son poing dans la figure – même s'il n'était pas capable de lever le bras. Mais il n'en eut pas besoin, Rogue parla avant qu'il n'ait le temps de faire quoi que ce soit.
« J'ai cru en vous, Potter, avoua l'homme. J'ai cru en vous, quand j'avais quinze ans, le saviez-vous ? »
Harry arrêta son mouvement et regarda le dos de son professeur.
« J'étais encore innocent à cette époque. Un gosse qui ne voulait pas tuer mais qui n'en avait pas le choix... Et quand vous m'avez aidé, je me suis dit que vous pourriez de nouveau me tendre la main quand serait venu le jour du choix... Mais vous aviez disparu. Vous étiez parti sans même vous soucier... Tout juste un au revoir et un bonne chance avant de disparaître dans un flash de lumière doré et de ne jamais réapparaître... Sauf cinq ans plus tard. Mais vous étiez un bébé. Et Vous ne pouviez plus m'aider, car j'étais devenu un tueur... Un mangemort. »
Harry déglutit, les yeux écarquillés de surprise.
« J'ai compté sur vous, professeur McDrell. Et vous êtes parti sans m'aider... »
Rogue s'avança de nouveau vers la sortie, mais cette fois, il s'arrêta à la porte lorsque Harry parla doucement, sa voix résonnant dans l'infirmerie.
« Pardon... »
Rogue ne répondit rien et sortit, fermant la porte derrière lui. Il ne vit pas qu'Harry pleurait.
Un silence pesant régnait dans l'infirmerie tandis qu'Harry regardait encore la porte close par laquelle Severus Rogue avait disparu. Dans son lit, Remus bougea un peu, attirant l'attention de Pompom et de Ginny qui s'exclamèrent d'une même voix :
« Remus ! Vous êtes réveill !! »
Harry sursauta et essuya rapidement ses larmes avant de se retourner et d'offrir un sourire rayonnant à son ami. Marchant aussi vite qu'il le pouvait, il eut tôt fait de rejoindre le lit du lycanthrope et de le serrer dans ses bras.
« Je suis désolé, murmura Harry. J'aurai du savoir que contrôler les détraqueurs aurait été trop éprouvant pour toi, je suis vraiment désolé.
- Ce n'est pas grave, murmura Remus. Ce qui compte, c'est que je sois en vie, non ?
- Oui, mais même ! s'entêta Harry en offrant un maigre sourire. S'il t'était arrivé quelque chose...
- Tiens, fit Ginny. J'ai comme la vague impression que tu sais enfin ce que je ressens à chaque fois que tu risques ta peau, Harry... »
Les personnes présentent éclatèrent de rire. Harry tira la langue à Ginny, se redressant pour permettre à Remus de s'asseoir dans son lit.
« Buvez ça, Lupin, ordonna Pompom en lui tendant un flacon de potion. Je pense que vous en auriez bien besoin, vu votre épuisement... »
Remus grimaça en regardant le flacon de potion régénératrice. Cependant, face à l'air meurtrier de l'infirmière, il préféra prendre rapidement le gobelet et l'avaler, grimaçant à la fin.
« Vous en avez pour une semaine, Lupin, prévint Pompom. Alors ne vous plaigniez pas... »
Remus tira simplement la langue, faisant rire les autres.
« J'ai prévenu Sirius, informa Pompom. Il devrait arriver bientôt...
- Génial, marmonnèrent Harry et Remus en c½ur.
- On va avoir droit à une engueulade en règle, je suppose..., dit Harry en grimaçant.
- Je ne vois pas trop de quoi tu te plains, fit la voix de Ron qui venait de rentrer dans l'infirmerie, suivit de Hermione qui tenait Marion.
- Bonsoir à toi aussi, s'exclama Harry.
- Alors, que s'est-il passé, cette fois ? demanda la jeune maman en passant délicatement sa fille au parrain qui semblait sur un petit nuage en regardant sa filleul.
- Il a risqué sa vie bêtement, comme toujours, dit la voix narquoise de Draco Malfoy qui venait d'arriver, tenant dans ses bras Abel et Théo.
- Mes monstres ! S'exclama Harry en rendant Marion à Ron et en se précipitant – à l'allure d'un escargot – vers ses enfants. Passe-les moi !
- Ça va pas ? s'exclama Draco. Dans ton état, tu risquerais de les laisser tomber !! »
- Mais, heu !,bouda Harry, faisant rire les autres.
- Moi, j'en veux bien un, s'exclama Albus en entrant.
- Vous vous êtes donné rendez-vous ou quoi ? marmonna Pompom en voyant son infirmerie se remplir peu à peu.
- On peut dire ça ainsi, plaisanta Sirius en entrant avec Adèle et Nicolas sur les talons. Alors vous deux ?? On part risquer sa peau sans moi ?? C'est une honte, je réclame justice !! »
Tout le monde éclata de rire et Harry, qui s'était installé sur le lit près de Remus, tapota doucement le matelas en faisant signe aux deux bambins de Sirius de venir s'asseoir. Adèle n'hésita pas un instant et sauta dessus. Nicolas, lui, regarda son père adoptif et n'alla s'asseoir que quand Sirius eut hoché la tête. Draco consentit finalement à déposer Abel dans les bras d'Harry qui embrassa son fils sur son front d'un air joyeux.
« Alors, tu nous la racontes, cette aventure ? marmonna Sirius. Ou on doit attendre que tu te décides... ? »
Tout le monde éclata de rire et Théo émit un petit gloussement amusé, ayant profité de l'inattention des adultes pour voler la baguette de Draco.
« Rends-moi ça, voleur ! » s'écria Draco en reprenant sa baguette.
Le bambin eut une moue agacée, mais Albus régla vite le problème en lui donnant une fausse baguette farceuse des jumeaux Weasley qu'il avait dans sa poche. Théo la brandit faiblement, faisant rire tous les adultes.
« Un sorcier en puissance, se moqua Draco.
- On verra, quand ce serra tes mouflets, si tu feras toujours autant le fier ! », s'exclama Harry.
Les autres éclatèrent de rire.
« Alors ? On peut entendre l'histoire ? réclama Adèle perché sur les genoux d'Harry.
- Bien entendu, s'exclama Harry. Il était une fois, un château isolé...
- Harry, s'exclamèrent toutes les personnes présentent. La vraie, d'histoire !
- Bon, ça va, d'accord, vous avez gagn ! » rit Harry.
Et souriant toujours, il se mit à raconter sa journée, minimisant un peu les scènes trop violentes au cas ou Ginny se souviendrait qu'elle lui devait une engueulade...
Harry et Ginny rentrèrent dans le passé le lendemain matin, malgré les insistances de leurs proches pour qu'ils restent au moins jusqu'au lundi suivant. Mais Harry avait refusé, prétextant des devoirs à corriger et des leçons à préparer. Seul Dumbledore avait semblé comprendre les véritables raisons de son départ précipité et à juste titre, vu qu'il en était la raison. En effet, à peine rentré chez lui qu'Harry s'excusa auprès de Ginny et quitta ses appartements à la recherche du directeur de l'école de 1976. Harry le trouva rapidement, le vieil homme étant en train de discuter avec Abel à l'infirmerie.
« Déjà de retour ? s'étonna Abel, étonné.
- Et oui ! s'exclama Harry. Pas en pleine forme, mais prêt à reprendre du service... »
Abel rit d'un air amusé.
« Alors, avec Ginny ? demanda-t-il. Elle ne t'a pas trop martyrisée ?
- Non, elle m'a très vite pardonné.
- Alors tant mieux », rit Abel.
Harry rit à son tour puis se tourna vers le directeur.
« Professeur ? demanda le jeune homme. J'aurai voulu vous parler...
- Abel m'a déjà tout expliqué, rassura le vieil homme. Vous êtes très doué pour jouer la comédie... »
Harry sourit timidement.
« J'espère que vous ne m'en voulez pas trop...
- Pas du tout, le rassura Albus. Et puis, ça m'aura permis de renforcer enfin les défenses de l'école...
- Ah oui ? demanda Harry. Voilà qui est une bonne nouvelle !
- Néanmoins, je me demande pour qui vous avez fait tout ça...
- Comment ça ? demanda Harry, feintant l'innocence.
- Ne jouez pas à ce petit jeu là avec moi, Harry, avertit Albus. Vous saviez que quelqu'un allait enlever vos enfants. Et non seulement vous lui avez épargné un échec cuisant en le prenant la main dans le sac, mais j'ai aussi dans l'impression que vous ne nous direz pas son identit ! »
Harry sourit.
« Vous supposez juste... »
Dumbledore sourit. Harry, lui, redevint sérieux.
« Katia de Vaart est morte », informa-t-il d'une voix légèrement tremblante.
Dumbledore soupira.
« Je m'en doutais, oui, répondit le vieil homme. J'ai récemment passé une annonce par le biais de la Gazette du sorcier... Une nouvelle enseignante devrait arriver bientôt et assurer les cours jusqu'à la fin de l'année et plus, si elle convient bien.
- Ah ? s'étonna Abel. Et comment s'appelle-t-elle ?
- Madame Chourave, je crois, répondit Dumbledore. Elle est un peu jeune elle aussi, mais moins que Katia et je sais de sources sûres qu'elle n'adhère pas aux idées de Voldemort... L'avez-vous connue ? » demanda le vieil homme en regardant Harry.
Ce dernier sourit d'un air mystérieux avant de quitter l'infirmerie, non sans avoir fait un clin d'½il aux deux hommes qu'il considérait comme ses grands-pères.